Première phrase du roman :
« Son doigt suit lentement le creux dans le tissu. du bout de l’index, dans le long pli de sa tunique elle dessine un visage. Au secret.
Contre son flanc, elle le dessine. »
Près de la mer une femme vit seule .Dans les collines vit Jean .Le fils de Marie a confié la vie de cette femme à Jean.Ce dernier ,pêcheur et menuisier (il construit un bateau)ne fuit pas cette responsabilité mais l’assure à distance avec tact.Lui aussi a connu ce que Marie appelle « la grande souffrance ».Marie se retrouve elle même dans la mer et dans l’écriture.Elle chante « C’est un chant qu’elle invente pour ce jour.Des sons qui se forment et qui montent de la plante de ses pieds jusqu’à sa bouche.Ce sont les jambes qui donnent le rythme.Elles saisissent ce qui vibre au sol »
Elle écrit « Les vies de rien,celles des gents qu’on ne remarque pas mais qui sont traversées par des choses puissantes » « La vie de son fils c’est autre chose.Elle n’ a pas besoin de l’écrire,elle,parce qu ‘elle l’a porté dans son ventre et qu’elle n a pu lui donner la vie une deuxième fois au pied de la croix » ;Elle sent ainsi monter en elle « Cette force là qui fait traverser à ceux qui souffrent les épreuves les plus dures,celle qui fait naître la vision des matins paisibles à nouveau où la bonne odeur du pain chaud viendra accompagner le jour ».L’espérance « Un parfum,un chant,le regard qui voit à nouveau la beauté du ciel ou une ombre sur un mur ».
Il y a peu de paroles mais des rencontres et des visages.
Son vieux maître lui a donne quatre rouleaux:elle écrit sur le dernier. »Celui-là est vierge.Il est tout pour elle.Son écriture à elle. » Avec les mots et les couleurs de la peinture,elle vit « Elele se repose dans les couleurs ».
Marie veut quitter ce rivage seule « Au matin, elle laissera ses sandales usées sur le seuil de la porte ».
Ainsi s’ouvrent d’autres perspectives.






